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Football

La FIFA aurait payé les impôts de Gianni Infantino aux États-Unis

La FIFA aurait pris en charge la totalité des impôts de Gianni Infantino aux États-Unis pour les années 2024, 2025 et 2026, soit environ 4 millions de dollars. C’est ce qu’affirme une enquête publiée lundi 2 novembre par Le Monde, à partir de documents internes. L’instance assure avoir respecté ses règles et la loi.

Gianni Infantino, président de la FIFA, en tribune lors de Canada-Qatar à la Coupe du monde 2026, juin 2026
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Une décision prise en comité restreint

Le président de la FIFA a quitté la Suisse pour s’installer à Miami en vue de la Coupe du monde 2026. Ce déménagement l’exposait à un impôt sur le revenu plus élevé. En mai 2024, à Bangkok, la commission de trois membres qui fixe la rémunération des hauts dirigeants aurait accepté que la FIFA compense ce surcoût jusqu’en 2026.

La proposition serait venue du président de cette commission, le Suisse Bruno Chiomento. Les deux autres membres l’auraient approuvée sans long débat. Au terme de son séjour américain, la FIFA aurait ainsi réglé 100 % de la facture fiscale de son président auprès de l’administration des États-Unis.

Un dispositif prévu pour les salariés

Le mécanisme invoqué est celui de l’égalisation fiscale. Il devait éviter que les employés de la FIFA envoyés aux États-Unis pour organiser la Coupe du monde soient avantagés ou pénalisés par le fisc américain. Il n’aurait pas été conçu pour les élus, comme le président.

Cet avantage n’apparaîtrait dans aucun document officiel de la FIFA. Ses règles internes imposent pourtant de rendre publique la rémunération de ses principaux dirigeants. Selon le rapport annuel de l’instance, Gianni Infantino a perçu en 2025 un salaire de base de 2,6 millions de francs suisses et une prime de 2,2 millions, soit environ 6 millions de dollars.

La FIFA affirme avoir respecté la loi

Interrogée, la FIFA a répondu que « toutes les règles et procédures internes de la FIFA, ainsi que toutes les lois applicables, ont été respectées ». Elle assure aussi veiller au respect de toutes les obligations de déclaration et d’imposition. L’instance n’a pas donné de détail sur l’arrangement conclu avec son président.

La FIFA ne confirme donc ni le montant ni le détail de la prise en charge décrite par l’enquête. Gianni Infantino ne s’était pas exprimé publiquement sur le sujet lundi 2 novembre en début d’après-midi.

Le rôle de Bruno Chiomento en question

Bruno Chiomento dirige aussi, depuis 2025, la commission de gouvernance, d’audit et de conformité de la FIFA. Sa proximité avec Gianni Infantino a récemment été mise en cause par l’UEFA, qui avait déjà adressé à la FIFA une longue liste de questions sur la gouvernance de son président.

Ces révélations tombent à quelques mois de l’élection à la présidence de la FIFA, prévue en mars. Gianni Infantino y brigue un nouveau mandat, face notamment à la candidature de Ramon Vega.