Cojop JO 2030 : 320 000 euros pour six ruptures conventionnelles
Six ruptures conventionnelles, 320 000 euros d’indemnités : le député Maxime Michelet (UDR), rapporteur pour avis des crédits du sport, a épinglé mardi 20 octobre à l’Assemblée nationale la gestion du Cojop JO 2030, le comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver dans les Alpes françaises.

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Six départs de cadres en huit mois
Le député s’exprimait lors de l’audition de la ministre des Sports, Marina Ferrari, par la commission des affaires culturelles et de l’éducation, consacrée au projet de loi de finances pour 2027. Selon lui, ces six ruptures ont été conclues entre décembre 2025 et juillet 2026 avec des salariés de haut rang, dont l’ancienneté moyenne était inférieure à un an.
Chaque salarié a perçu en moyenne 53 000 euros, soit environ 4 900 euros par mois travaillé. La crise de gouvernance du comité a notamment entraîné les départs du numéro 2, Cyril Linette, de la directrice des opérations, Anne Murac, et du directeur de la communication, Arthur Richer. Le président Edgar Grospiron, qui n’avait pas le statut de salarié, a démissionné en septembre.
« Ces montants sont anormalement généreux. »
Maxime Michelet, rapporteur pour avis des crédits du sport, le 20 octobre 2026
Conseil et Milan Cortina dans le viseur
Le rapporteur a aussi relevé « 80 missions pour un montant de 1,6 million d’euros » confiées à des cabinets de conseil depuis février 2025. Il a enfin chiffré à près de 500 000 euros la présence d’une délégation de 60 personnes aux Jeux d’hiver de Milan Cortina, en février, pour un total de 1 100 nuitées hôtelières.
Ces dépenses le confortent dans l’idée qu’« une commission d’enquête doit être constituée pour examiner de manière approfondie la gestion du Cojop ».
Le Cojop ne donne aucun montant
Sollicité, le comité répond que « les ruptures conventionnelles font partie de la vie d’une organisation ». Il indique avoir « provisionné une enveloppe sur le sujet » mais ne communique pas les montants. Sur le conseil, il invoque sa constitution tardive et des prestations « attribuées dans le cadre de procédures encadrées ».
Le déplacement en Italie avait des fins de formation, selon le Cojop, et la très grande majorité des dépenses concernait l’hébergement. Le comité explique n’avoir pu ni choisir les hôtels ni négocier des prix rendus élevés par la forte demande.
La ministre rappelle l’inspection de l’État
Marina Ferrari a rappelé que l’État avait décidé l’an dernier une inspection générale du comité, suivie d’une mission qui a abouti à un nouveau schéma de gouvernance. Elle reconnaît « certains dysfonctionnements », tout en assurant qu’« il n’y avait rien de pénalement répréhensible ». Certains contrats de la gouvernance ont pris fin.
La commission a examiné dans la foulée les crédits de la mission « Sport, jeunesse et vie associative », sur lesquels Maxime Michelet rend son avis pour la partie sport. Les montants avancés par le rapporteur restent à ce stade sans confirmation du Cojop.





