New York a retenu son souffle pendant un demi-siècle. C’est fini. Dans la nuit de samedi à dimanche, les Knicks ont décroché le titre NBA 2026 en s’imposant à San Antonio (94-90) lors d’un Game 5 irrespirable, scellant une finale gagnée 4-1 face aux Spurs de Victor Wembanyama. Premier sacre de la franchise depuis 1973. Cinquante-trois ans d’attente, de désillusions et de quasi-titres, balayés en une nuit. Et au cœur de l’histoire, un homme : Jalen Brunson.
Brunson, 45 points et un récital pour l’histoire
Il fallait un patron pour aller chercher ce titre sur le parquet adverse. Brunson l’a été, et bien au-delà. Le meneur a planté 45 points, un record pour un joueur des Knicks en finale NBA, dans le match le plus important de sa carrière. Maladroite collectivement (35 % aux tirs), New York s’en est entièrement remise à son génie offensif et à sa science des fins de match.
Car ce Game 5 a longtemps tourné au cauchemar. Menés 31-15 dans le deuxième quart-temps, encore à -10 à un peu plus de huit minutes du buzzer, les Knicks semblaient au bord du gouffre. Brunson a alors enchaîné dix points d’affilée pour recoller, avant de lancer un money time de feu. C’est lui qui a redonné l’avantage aux siens à 1 minute 05 de la fin, sur un panier qui restera dans l’histoire de Madison Square Garden.
MVP à l’unanimité : la revanche d’une vie
La récompense est tombée, logique et écrasante. Les onze votants ont désigné Jalen Brunson MVP des finales, lui décernant le trophée Bill Russell à l’unanimité. Sur l’ensemble de la série, le meneur a tourné à plus de 32 points de moyenne.
Pour Brunson, c’est l’aboutissement d’une trajectoire de rejeté. Drafté au second tour en 2018, jugé trop petit, trop lent, il avait signé aux Knicks en 2022 pour un contrat alors moqué comme un « surpaiement ». Quatre ans plus tard, il est champion, MVP, et déjà une légende new-yorkaise. L’image de ses larmes dans les bras de son père Rick, assistant coach de l’équipe, a fait le tour du monde.
Une finale de remontées folles
Ce qui rend ce titre encore plus dingue, c’est la manière. Les Knicks ont remporté leurs quatre victoires en revenant à chaque fois d’un retard à deux chiffres. Le sommet ? Le Game 4, où New York a effacé un déficit de 29 points (81-52) pour l’emporter 107-106. Du jamais-vu à ce niveau.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : les Spurs ont gagné les cinq premiers quart-temps de la série pour un total de 57 points d’avance cumulée… et ont quand même perdu. Statistiquement, cette finale est considérée comme l’une des plus serrées de l’histoire, la seule où chaque match s’est joué dans un mouchoir dans les cinq dernières minutes.
Wembanyama et les Spurs : l’avenir, mais pas encore
De l’autre côté, la jeunesse de San Antonio a appris à la dure. Victor Wembanyama a livré une nouvelle prestation XXL en Game 5 (19 points, 14 rebonds, 5 contres), mais le prodige français et sa bande ont manqué d’expérience dans les instants qui comptent. Le rookie Dylan Harper (25 points) a tout donné, sans suffire.
« On n’était pas prêts à gagner un titre. La meilleure équipe a gagné », a reconnu avec lucidité le banc texan. Pour autant, voir des Spurs aussi jeunes disputer des finales aussi accrochées est un signal fort : le futur de la conférence Ouest passera par eux, et par Wembanyama. Mais en 2026, le trône leur a échappé.
53 ans plus tard, New York peut enfin exploser
Le dernier titre des Knicks remontait à 1973, l’époque de Walt « Clyde » Frazier et d’une équipe entrée au panthéon. Cette génération-là, portée par Brunson et un collectif huilé autour d’OG Anunoby, Mikal Bridges, Karl-Anthony Towns et l’infatigable Josh Hart, rejoint désormais ses aînés. Trois bannières au total pour la franchise (1970, 1973, 2026).
Reste désormais à fêter ça. La parade des champions est attendue dans les rues de Manhattan, où une ville entière s’apprête à célébrer une attente longue de plus d’un demi-siècle. Les Knicks sont de retour au sommet. Et avec un Jalen Brunson de ce calibre, New York compte bien y rester.
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