Il y a des chronos qui résument une course à eux seuls. Au 306e tour de cette 94e édition des 24 Heures du Mans, Ryo Hirakawa en a sorti un de ce calibre. Au volant de la Toyota n°8, le Japonais a bouclé un tour en 3’25 »041 : le plus rapide jamais réalisé en course depuis l’arrivée des Hypercar en 2021. Un coup d’éclat qui n’a pas suffi à offrir la victoire à sa voiture, mais qui restera comme l’un des grands moments du week-end.
Un chrono stratosphérique
Réalisé au 306e tour, le 3’25 »041 d’Hirakawa améliore de 1,022 seconde la meilleure marque enregistrée l’an dernier. Sur un circuit de 13,626 km avalé à des moyennes vertigineuses, gagner plus d’une seconde au tour en endurance relève presque de l’exploit statistique. C’est la preuve que, même après plus de vingt heures de course, les machines japonaises étaient encore poussées dans leurs derniers retranchements.
Une précision s’impose toutefois pour les puristes : il s’agit du record de l’ère Hypercar, lancée en 2021, et non du record absolu du Mans. À l’époque des LMP1 hybrides, au milieu des années 2010, les prototypes tournaient encore plus vite. Mais dans le cadre réglementaire actuel, plus lourd et moins puissant, le tour d’Hirakawa devient la nouvelle référence.
Un record battu deux fois en trois tours
Le plus fou, c’est que la barre a sauté à deux reprises en l’espace de trois tours seulement. Kamui Kobayashi avait d’abord battu le record du tour au 303e passage, sur la Toyota n°7, avant qu’Hirakawa ne reprenne tout à son compte trois boucles plus tard. Un chassé-croisé entre les deux voitures sœurs qui en dit long sur l’intensité du final.
Pourquoi les Toyota poussaient autant
Ce déchaînement de vitesse n’avait rien de gratuit. Dans la dernière ligne droite de l’épreuve, les deux Toyota roulaient en convoi pour tenter de reprendre la Cadillac n°12 de Norman Nato, alors solidement accrochée au podium. Kobayashi sur la n°7 et Hirakawa sur la n°8 s’entraidaient, se complétaient, dans un voyage de conserve mené à très haute vitesse. C’est dans ce contexte de chasse permanente que le record est tombé, encore et encore.
Au bout du compte, la n°8 d’Hirakawa, Sébastien Buemi et Brendon Hartley a terminé sur la troisième marche, complétant un doublé 1-3 pour Toyota derrière la n°7 victorieuse.
Hirakawa, un habitué des grands rendez-vous
Ce nouveau coup d’éclat ne surprendra pas ceux qui suivent l’endurance. Vainqueur des 24 Heures du Mans en 2022 avec Toyota, déjà aux côtés de Buemi et Hartley, Ryo Hirakawa s’était imposé la même année comme champion du monde d’endurance en catégorie Hypercar. Passé par les très relevés championnats japonais Super GT et Super Formula, le pilote a aussi rejoint l’écurie McLaren en Formule 1 comme pilote de réserve à partir de 2024.
Un CV qui confirme une chose : quand il faut aller chercher la performance pure, Hirakawa répond presque toujours présent. Son tour record de 2026 vient simplement ajouter une ligne de plus à un palmarès déjà solide dans la Sarthe.
Un exploit qui restera
Il ne soulèvera pas de trophée cette année, mais Ryo Hirakawa repart du Mans avec une consolation de taille : son nom inscrit en haut des tablettes de vitesse de l’ère Hypercar. Dans une édition marquée par la victoire stratégique de la Toyota n°7 et la fin du règne Ferrari, ce 3’25 »041 restera comme le symbole d’une course poussée jusqu’à la limite absolue.
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